Ecrit par Thomas Guenole (septembre 2020).

Extrait d'une interview de Thomas Guenole (Front populaire) :

"Le coût humain de la mondialisation est inacceptable. Comment peut-on ne pas faire le lien entre le pouvoir d'achat des uns et l'esclavage des autres? C'est parce qu'il y a des néo-esclaves en Chine, au Bengladesh ou ailleurs que nous avons un pouvoir d'achat plus intéressant dans les pays riches. C'est parce qu'il y a des usines - camps de travail, en Chine notamment que vous pouvez avoir des ordinateurs au prix auquel on peut les avoir aujourd'hui.(...) C'est quoi le protectionnisme? C'est un libre échange régulé par des taxes douanières suffisamment fortes pour éliminer les avantages conccurentiels fondées sur des conditions sociales et environnementales dégueulasses de production. (...) L'article 6 du texte fondateur les (barrières douanières ) autorise. On peut mettre une taxe douanière sur les pays extérieurs à l'Europe.(...) On ne  s'intéresse pas assez à tout ce que l'on peut faire dans le cadre des traités . Avant d'arrivée à une solution maximaliste (Frexit), il faut utiliser tous les outils qui existent à l'intérieur des traités. Il y en a beaucoup plus qu'on ne l'imagine. ".

 

La mondialisation comme principe d'échanges entre les territoires est pertinent. Ce qui pose problème, c'est effectivement la logique de capitalisme sauvage associé qui a induit 3 problèmes majeurs:

- aggravation du coût écologique des échanges

- conditions de travail de quasi esclavage dans certains territoires du monde

- phénomène de désindustrialisation dans certains pays comme la France

 

Les processus d'ouvertures des marchés depuis plusieurs décénnies auraient dû s'opérer de manière plus progressive. Lorsque l'on est au dernier étage d'un building et que l'on a besoin de redescendre, on prend l'ascenseur, ou bien les escaliers pour descendre. Sauter par la fenêtre est particulièrement dangereux. Ouvrir les marchés européens avec peu de restriction, est revenu à sauter depuis le dernier étage du building et a eu pour conséquence de dynamiter une partie de notre secteur productif à cause de la concurrence internationale. Et lorsque l'on réalise en plus des transferts de compétences, on saute du dernier étage avec des pierres dans les poches. La concurrence est nécessaire, mais nos entreprises françaises n'étaient pas prêtes à supporter un tel choc. L'objectif aurait du donc être une ouverture à la concurrence internationale intelligente. 

L'application de montants de droits de douane en fonction de la nature des produits importés aurait permis de mettre en œuvre cette concurrence mais de manière intelligente et plus douce (Droit de douane élevé pour un produit importé en Europe réalisé sans respect de l'environnement sans aucune considération sociale pour les salariés. Pas de droit de douane dans le cas contraire). Le dogmatisme qui consiste à systématiquement réfuter toute idée parce qu'elle pourrait être qualifiée de mesure "protectionniste" est incompréhensible. Des droits de douane conditionnés à des critères de positivité (considérations sociales et environnementales) ne peut qu'engendrer des cycles vertueux dans les économies exportatrices, adoucir le processus de concurrence internationale, harmoniser les structures productives et les économies des états européens… Il ne s'agirait donc pas de mesures de protectionnisme mais des mesures de transformation positive internationale, bénéfiques à tous les travailleurs...

hernie21@politis21.fr