Un état d'esprit Humaniste va consister à croire en l'Homme et chercher à mettre en oeuvre les conditions de son épanouissement. Les activités humaines doivent garantir son altérité, son éducation, ses besoins fondamentaux... C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de mettre en concurrence les idées, les organisations mais essayer de préserver les Hommes.

Les indicateurs le démontrent : la France est en difficulté. Cet état d'esprit impose de revoir les mécanismes de décisions de la puissance publique. Il serait tentant mais trop facile de vouer aux gémonies la classe politique. C'est l'architecture politique de la France qui doit être revue car elle ne permet plus de répondre aux nombreux défis qui font face à la France. Pire, elle a permis à certains dirigeants de prendre des initiatives dramatiques pour la France. C'est donc la 5ème République qui est en cause et qui doit désormais laisser sa place.

 

La France a grandement changé ces 60 dernières années. La France évolue aujourd'hui dans un régime davantage pseudo-représentatif que démocratique. La 5ème République est désormais celle de l'entre-soi et des mauvais choix.

Les élus reçoivent la délégation d'autorité du peuple mais ces derniers ne mettent pas en oeuvre la volonté du peuple. L'exemple le plus significatif est évidemment le référendum de 2005 sur la constitution européenne. Rejeté par les français, le traité Européen est adopté sous Sarkozy en 2008. 

Les élus ne représentent en réalité qu'une infime partie du peuple. Les parlementaires, les sénateurs sont majoritairement issus de catégories socio-professionnelles supérieures. Par conséquent, ils sont coupés de la réalité de la majeure partie des citoyens. De plus, ils ne reflètent pas la diversité française.

Les intérêts des puissants se font au détriment des populations. On peut clairement établir un parallèle entre la période 1990-2020 et la période précédant la première guerre mondiale où des grands dirigeants d'industrie, pour développer leurs activités, de concert avec la classe politique, ont conduit à mettre en oeuvre un ensemble d'actions dont les  conséquences ont été défavorables aux populations. Depuis l'unification de l'Allemagne en 1871, le pays a rattrapé son retard économique sur les grands États européens. A la fin du 19ème siècle, son industrie est particulièrement importante. Les dirigeants d'industrie allemands veulent donc trouver de nouveaux débouchés pour leurs produits et obtenir des matières premières à moindre coût. C'est ainsi qu'ils lorgnent sur l'Afrique, chasse gardée française et anglaise. Par deux fois, l'empereur Guillaume II tente de prendre le Maroc à la France, en 1905 et en 1912, provoquant des conflits diplomatiques de plus en plus graves. Ces conflits ont débouché ensuite sur la 1ère guerre mondiale. La volonté de développement économique des industriels, soutenus par le monde politique et associées à des logiques d'expansions territoriales, ont conduit au chaos de la 1ère guerre mondiale. A partir des années 1990, les industriels français, avec la bénédiction du monde politique, ont bénéficié à plein de l'ouverture des marchés et de la conccurence. Ils se sont enrichis de manière insensée. Les français, eux, ont vu leurs conditions de travail se détériorer. La concurrence avec des entreprises étrangères qui ne respectent pas de normes sociales ou environnementales provoque des réorganisations, une désindustralisation locale donc de la perte de capacité productives, du stress, du chomage, de la précarité, des droits à la retraite remis en cause.

Le monde de la recherche est en crise. Une nouvelle fois, un parallèle sera établi entre la période qui précède la première guerre mondiale et la période actuelle. La solution finale est une abomination, que l'on ne peut pas simplement réduire à l'avènement de l'Allemagne Nazi de Hitler.  Un terreau idéologique avait préparé le terrain dès le 19eme siècle.  Au milieu du 19eme siècle se met en place la forme moderne de rejet des juifs qui n'est pas d'ordre religieux ou socio-économique, mais d'ordre pseudo-scientifique. L'antisémitisme pseudo-scientifique établit des hiérarchies entre les races, idéalise l'aryen et fait du sémite un être affligé des signes visibles de son infériorité. Ces thèses sont très présentes en France (Paul Broca, Joseph Gobineau) et au Royaume-Uni (Herbert Spencer et Francis Galton). En Allemagne, elles sont exposées par Ernst Haeckel. Cet antisémitisme raciste trouve d'ardents défenseurs en Allemagne). L'antisémitisme revient en force dans les années 1920 en Allemagne. L'antisémitisme est ensuite devenu institutionnel en Allemagne (exclusion de la société les juifs - loi du 7 avril 1933, lois de Nuremberg de 1935).  De nos jours, on observe la montée d'idéologies douteuses qui s'appuient sur des études soi-disants scientifiques. On entend par exemple des chercheurs mener des études délirantes sur la  "blanchité de la nourriture", le "privilège blanc". Par ailleurs, le manque de financements de la recherche française conduit de nombreux jeunes chercheurs soit à se réorienter soit à quitter la France. Financements et contenus, la recherche française doit être soutenue.

Le monde de l'éducation est en difficulte. Ce point a été abordé dans un article précédent : voir ici.

Les hommes politiques n'ont pas de vision stratégique géopolitique. Que ce soit Sarkozy, dont la guerre en Lybie a consuit à un désastre d'instabilité ou bien Hollande dont les errements concernant la Syrie ont été manifestes, les grands dirigeants politiques semblent totalement perdus dans un monde bien trop grand pour eux. Un monde qu'ils ne connaissent pas.

Les enjeux écologiques sont mal pris en charge. Les changements sont trop lents. Les français ne sont pas suffisamments impliqués dans les prises de décisions. 

 

 

Que doit affirmer la 6ème République ?

La 6ème République doit affirmer la réciprocité des échanges dans le cadre de la préservation de l'environnement. La conccurence ne doit être possible que par l'innovation et non par la moins-disance sociale ou environnementale. Les réflexions autours des problématiques d'énergie, de réutilisabilité, de recyclage, de transport, de gestion des resssources dans le cadre d'une politique de transformations économiques impactant la structure productive et donc les emplois sont fondamentales.

La 6ème République doit instaurer la culture du long-terme. Lorsque l'on entend Jean-Marc Sylvestre en juin  2021 claironner que la reprise est forte en France et que les pessimistes devraient rentrer chez eux, il semble possible de lui répondre qu'avec une augmentation de l'endettement de 20% de PIB pendant la crise covid (400 milliards d'euros), c'est assez logique d'avoir un effet de reprise ou bien de continuité économique sur le court-terme. Encore une fois, la vision de long-terme est absente de son raisonnement. Beaucoup de raisonnements ne tiennent pas compte du long-terme.

La 6ème République doit récompenser ses forces vives et avoir un souci d'égalité. Le sytème actuel est dual. Il va permettre aux plus riches de s'enrichir et être parfois trop généreux avec certains. Les systèmes de défiscalisation immobilière en est la parfaite illustration. Pourquoi permettre à certains qui sont déjà propriétaires d'élargir leur patrimoine avec des aides publiques (alors qu'il aurait pu être possible de donner de davantage subventionner les primo-accédents). La 6ème République doit favoriser les travailleurs.

La 6ème République doit impliquer tous les citoyens dans les décisions. La quasi-totalité des dirigeants économiques ou politiques actuels s'appuient sur des dogmes économique que l'on peut qualifier de libéraux. Le socle du libéralisme consiste à donner de la crédibilité à l'ensemble des acteurs économiques dont l'action globale est qualifiée de rationnelle. On considère dans le cadre de cette pensée qu'une situation de monopole ou qu'un trop petit nombre d'acteurs sur un marché pose problème car empèche la logique de conccurence, fausse le marché et conduit ces acteurs à prendre des mauvaises décisions. Ce principe a conduit les USA a voter à la fin du 19ème siècle les lois dites "anti-trust" pour éviter les situations de monopoles. Ce qui est particulièrement intéressant avec cela, ce qu'il est tout à fait possible de transposer ces principes économiques aux principes politiques.  Pour quelle raison ne pourrait-on pas considérer que les décisions prises pour la France ne seraient pas directement celles des Français? Avec l'avènement des systèmes d'informations, jamais l'Humanité n'aura eu accès si facilement aux connaissances. Jamais l'Humanité n'aura eu la possibilité de dialoguer si simplement. La 6ème République doit écarter les apprentis-sorciers et permettre au français de se prendre en main via la mise en place régulière de referendums.

La 6ème République doit garantir des dirigeants politiques qualifiés. De nombreux dirigeants politiques ne connaissaient pas la France. Certaines réformes doivent permettre aux grandes école d'administration d'amener les élèves à mieux connaître le pays. C'est un bon début mais ce n'est pas suffisant. Les dirigeants méconnaissent trop souvent l'état du monde. Les écoles d'administration doivent mettre en place des partenariats pour que les élèves puissent passer plusieurs semestres dans des pays à cultures différentes pour mieux connaître le monde dans lequel nous vivons.

La 6ème République doit mieux connaître ses enfants. Même si chacun est avant tout considéré comme un citoyen, la 6ème République doit mettre en oeuvre des statistiques ethniques pour mieux comprendre certains enjeux associés.