La transition écologique, qui est le passage du mode actuel de production et de consommation à un mode plus écologique, n'a pas de définition partagée par les différents acteurs concernés de la société.

La transition écologique doit permettre de diminuer les émissions de gaz à effet de serre afin de limiter le réchauffement climatique et ses effets néfastes. Les conséquences du réchauffement climatiques sont désormais connues du grand public:

- hausse de la fréquence des événements climatiques extrêmes (ouragans, tempêtes, canicules...).

- hausse globale des températures avec des fragilisations ou destruction des écosystèmes.

- hausse du niveau des océans

Cela induit d'immenses boulversements. Certaines zones seront prochainement inhabitables sur Terre, conduisant à des mouvements importants de migration de population, qui doivent donc être anticipés. La hausse des températures conduit à fragiliser certaines espèces qui ne sont pas en mesure de supporter la hausse des températures. Des territoires comme la France, verront certaines zones du littoral devenir inhabitable d'ici quelques années. En effet, la hausse du niveau des mers, couplée à des épisodes métérologiques extrêmes, conduira à des épisodes de submersions des villes côtières. Compte tenu de la vraisemblable hausse progressive de la fréquence des risques, qui souhaitera s'installer dans de tels endroits? Compte tenu de l'importance de nombreux secteurs qui s'appuient sur le maritime ou bien le secteur du tourisme en France, et particulièrement du tourisme à proximité de la mer ou de l'océan, une réflexion profonde s'impose. Limiter la possibilité d'octroyer de nouveaux permis de construire à proximité de la côte n'est pas suffisant, il faut aller beaucoup plus loin. Si l'on prend en exemple le Sri Lanka, qui a été fortement impacté par le Tsunami de 2004 causant environ 200 000 morts, on remarque que de nombreuses nouvelles constructions à proximité immédiate de la côte proposent un premier étage beaucoup plus élevé que les standarts. Par conséquent, la stratégie de rééquilibrage économique au profit des campagnes, qui ne correspondent donc pas aux zones côtières, semble être une réponse intéressante à cette problématique (Vision défendue par A. Montebourg dans cadre de la présidentielle 2022).

Certains estiment que la transition écologique doit correspondre à un changement de modèle économique et social, qui transformera en profondeur nos façons de consommer, de produire, de travailler et de vivre ensemble. Qu'en est-il exactement? Le progrès est le processus d’évolution de l’espèce humaine dans le sens d’un perfectionnement scientifique, technique, économique et social. La transition écologique sera -t-elle source de progrès?

On peut distinguer, de manière non exhaustive et un petit peu schématique, deux visions de la transition écologique. L'une d'elle consiste à l'envisager par le prisme de la sobriété : sobriété énergétique et sobriété de consommation de matière première. Il s'agit par exemple de rénover ou de concevoir les bâtiments pour une moindre consommation d'énergie. Il s'agit de favoriser les mobilités douces ou partagées (vision défendue par E. Piolle dans le cadre de l'élection présidentielle 2022). A cette vision peut être associée la notion de circuits courts, qui consiste à rapprocher géographiquement les consommateurs et les producteurs. Poussée à l'extrême, celle-ci peut être perçue comme punitive, lorsque par exemple des dispositifs conduisent les citoyens à ne plus être en mesure de continuer certaines de leurs activités essentielles. A ce titre, les interdictions programmées de certains véhicules à proximité des métropoles pourront être perçue comme de l'écologie punitive.

La seconde vision de la transition écologique est une vision "techno". Celle-ci semble à première vue garante du progrès puisqu'elle souhaite garantir une continuité de notre mode de vie, voir l'améliorer. Pour donner un exemple grossier mais assez explicite, n'est-il pas en effet plus simple de sortir de chez soi et d'aller directement au travail avec son véhicule personnel plutôt que de faire plusieurs détours pour aller remplir sa voiture dans des déplacements en co-voiturage? Ne pourrait-on pas imaginer un monde avec des véhicules électriques et un package d'équipements électroniques pour tous? Poussée à l'extrême, on pourrait imaginer que chaque citoyen dispose à sa naissance d'un "capital électronique", qui correspondrait à une quantité de matières premières qui lui serait indirectement allouée et lui permettrait de subvenir à l'ensemble de ces besoins au cours de sa vie. Des filières de retraitement des déchets et des biens matériels, couplées à des contraintes de conception, permettraient de mettre en oeuvre une dynamique de réemploi total de l'ensemble des matières premières afin de produire de nouveaux bien matériels. La vision "techno" pose actuellement de nombreux problèmes. Ne disposant pas de filière de retraitement optimale, elle conduit inévitablement à l'épuisement des ressources naturelles. La vision "techno" n'est pour l'instant pas encore inclusive. La hausse du  prix du pétrole n'impacte pas les détenteurs de véhicules électriques mais ceux-ci sont plus chers à l'achat et donc ne sont pour l'instant pas encore accessibles à tous. Cette vision est incompatible avec une hausse exponentielle de la démographie. Enfin, la vision "techno" nécessiterait des quantités gigantesques d'énergie pour les filières de retraitement total des biens matériels usagés et donc ne peut pas être envisagée pour l'instant (Philippe Bihouix), raison pour laquelle les écologistes y sont défavorables actuellement. Et pourtant, cette vision "techno" correspond à l'image de ce que l'on se fait du futur et du progrès...

L'Humanité ne dispose pour l'instant pas des technologies permettant de produire de l'électricité de manière propre. Le nucléaire, via la technique de la fission, produit une énergie décarbonnée, mais sale puisqu'elle produit des déchets nucléaires extrêmement nocifs pour l'environnement. L'éolien et le solaire apportent des réponses limitées. Par conséquent, la transition écologique par l'intermédiaire de la sobriété énergétique semble être pour l'instant la voie la plus raisonnable. Chaque génération ne doit plus pouvoir laisser un passif (financier ou écologique) aux générations suivantes. La limitation des déchets nucléaires est donc une obligation morale, vis à vis des générations futures. Le futur de l'énergie est la fusion nucléaire. L'objectif des recherches sur la fusion nucléaire est de pouvoir produire beaucoup plus d'énergie, sans déchets. La fusion nucléaire permettra de mener à bien la vision "techno" de la transition écologique. La fusion nucléaire est donc un enjeu majeur et doit faire l'objet, comme en Chine par exemple, d'une allocation conséquente de moyen. En parallèle des recherches sur la fusion nucléaire, il est fondamental d'établir une stratégie de mise en place une filière de recyclage intégral des produits fabriqués. Cela passe notamment par un big bang dans la conception de ces produits. La recherche a une place fondamentale dans la transition écologique.

 

hernie21@politis21.fr